Et toi, tu passes ?

Réflexions sur le redoublement

Vous l’avez remarqué les jours se font plus longs et plus chauds. Nous venons de passer le grand prix de formule 1 de Monaco, le festival de Cannes, nous terminons Roland Garros, pas de doute ça sent bientôt l’été, la fin de l’année scolaire et la terrible sanction du conseil de classe du troisième trimestre.

J’arrive le matin au bahut l’estomac noué devant le délégué de classe qui tient salon devant la machine à café, j’entends « alors ? », je n’en mène pas large, faut dire qu’après un premier trimestre plein de bonnes intentions et l’envie d’être récompensé de mes efforts à Noël j’ai consciencieusement coupé mon effort à partir de janvier tel le sprinter vaniteux avant la ligne d’arrivée, et je n’ai pas vraiment relancé la machine, tout va se jouer à la photo finish !

Je sens que ça vous rappelle des choses…

Mais aujourd’hui quelque chose m’ennuie, les élèves à de rares exceptions près, ne redoublent plus. 

En résumé un article du Monde nous explique que, le redoublement a connu une baisse sensible depuis les années 1960, la baisse du redoublement au primaire qui s'est poursuivie dans les années 1990 avec la mise en place des cycles scolaires voulue par la loi d'orientation de 1989 de Lionel Jospin. L'objectif de ce dernier étant d'amener 80 % d'une génération au niveau du baccalauréat. Pour l'année 2002-2003, le taux de redoublement concerne encore 8,5 % des élèves de sixième et près de 7 % des élèves de troisième. Le nouveau ministre de l'éducation (de l’époque) François Fillon, envisageait de  faciliter le redoublement: "La loi de  

enlever aux enseignants leur pouvoir de décision en matière de redoublement. N'est-on pas allé trop loin ?", "Aucune étude ne démontre que passer automatiquement dans la classe supérieure soit un gage de réussite". 

Selon moi et l’expérience de mon grand de 14 ans, tout commence au primaire :

4 jours de cours hebdomadaires au lieu de 4 jours et demi, plus, au grès des passages de nouveaux ministres de « l’éducation », de droite ou de gauche, souhaitant laisser une trace : deux fois plus de sport, de l’anglais dès le CE2, de l’informatique et moins de français, moins de maths, moins d’histoire-géo.

J’enchaîne avec ce qui est pour moi une grand hypocrisie, et j’embête tout le monde avec ça dans les soirées quand on en parle de l’école : le cycle !

C’est du vécu :

Je vais voir l’instituteur de mon fils, alors au CE2, et après l’avoir écouté, je lui dis que ce dernier n’avait pas intégré le calcul de la division, celui-ci me répond, ce n’est pas grave, il faut que ce soit acquis quand il rentrera en 6ème. Il va le revoir au CM1 et encore au CM2. Désolant, où comment refiler la patate chaude à quelqu’un. Le dimanche au bord des terrains de rugby vous avez peut-être déjà entendu, « Eh, tape en touche si t’es emmerdé ! » Ou encore « si ça gagne pas ça débarrasse ».

Puis cela continuera au collège, plus de dictée, si ce n’est deux ou trois en troisième pour préparer celle du brevet, sinon il n’y en aurait plus. Regardez l’orthographe des mails que vous recevrez de la jeune génération avec laquelle vous travaillez, vous vous dites, je lui dis ou pas que ça ne s’écrit pas comme ça ? Charité bien ordonnée commençant par soi-même, mes deux partenaires blogueurs me corrigent, mais ma copie ne vaut pas toujours un zéro pointé.

Plus de rédaction au collège, des poèmes, des faits divers, des BD scénarisées, tout au plus une synthèse d’une page simple recto. Et ce qui était abordé en mathématiques en 5ème, factorisation, développement l’est maintenant en fin de 4ème voir début de troisième.

Et tout le monde passe.

Conséquence, j’en ai fait l’expérience il y a trois mois, au début du deuxième trimestre de la classe de troisième l’ambiance se détériore, tous les enfants qui sont sans cesse passés s’aperçoivent qu’ils n’auront pas le brevet, ou pas l’option choisie car les places au lycée sont restreintes (classes avec options). Il est trop tard pour se mettre à travailler.

Mêmes causes, mêmes conséquences avec l’année de terminale.

Après le Bac, les classes prépa, les BTS et IUT, la fac ne baissant pas leur niveau c’est la grande dégringolade.

L’une des solutions proposées par le gouvernement De Villepin, fut de proposer l’apprentissage dès 14 ans.

Personnellement, je ne me serais pas épanoui, dans l’apprentissage, sauf en cuisine peut-être, mais alors en échec scolaire c’est tout ce que l’on m’aurait proposé.

Pourquoi ne pas donner une base solide à ces jeunes avant de les envoyer vers des métiers manuels, contre lesquels je n’ai rien au demeurant, mais avec une base solide en maths et français pour leur permettre un jour de monter leur boîte et leur permettre une autonomie en comptabilité, en droit, pour qu’ils puissent gérer des contrats de travail.

En ne redoublant pas on ne fait que bâtir sur des bases plus que fragiles. Beaucoup affirment que redoubler est un traumatisme Si je prends mon expérience, je devais redoubler la sixième, mes parents ont décidé de me faire passer, j’ai juré de m’y mettre et au final, comme prévu j’ai redoublé la cinquième.

Nous avons décidé sur ce blog de ne pas simplement critiquer mais aussi de proposer des solutions :

Je propose un CP à 12 élèves par classe, pour un maniement le meilleur qui soit du français et des maths. Ce faisant l’apprentissage des autres matières sera bien meilleur, surtout si les élèves comprennent ce qu’ils lisent.

Une grille d’évaluation annuelle sur des thèmes précis à valider : la multiplication, l’imparfait, les produits en croix…une fois l’année terminée cette grille est transmise à l’enseignant de l’année qui suit.

Cela éviterait d’avoir des gens qui arrivent en seconde sans savoir faire les divisions (nous en avions un dans notre classe avec Huig et Scrupulus qui avait été malade le jour de la leçon au primaire et qui est passé chaque année au travers des mailles du filet).

Pour terminer j’en appelle aux deux co-auteurs de ce blog, s’ils me le permettent pour leur demander leur avis. Ceux qui nous connaissent se diront selon l’expression consacrée c’est l’hôpital qui se fout de la charité, car à nous trois, nous avons quand même trouvé le moyen de redoubler 6 fois avant d’atteindre la classe de terminale.

Quand je vois nos parcours, réussis je pense, diplômés de l’enseignement supérieur, ayant su trouver des activités professionnelles démontrant notre envie et nos compétences, je me demande :

Devions-nous redoubler ou aurions nous connu la même réussite aujourd’hui sans redoubler ?

Ces redoublements nous ont-ils été profitables ?

Le mode d’enseignement est-il adapté à un cursus scolaire d’une durée moyenne de 18/20 ans ?

Sur ce je vous laisse je vais aller faire réviser le brevet des collèges à mon fils !

El loco de los techos

1989 a

conduit à