mardi 2 juin 2009

Voila pour qui je vais voter le 7 juin

Le beau temps s’est installé sur la France, mes tomates commencent à pointer et voila que j’apprends que l’on doit voter le 7 juin pour les élections de…comment déjà ? ah oui, les élections des députés au Parlement européen. Cette chose  unique dans le monde qui se déplace de Strasbourg pour les sessions ordinaires à Bruxelles et jusqu’au Luxembourg.  Pourquoi ces déplacements de nos députés et de leurs équipes qui coutent, nous dit on, 200 millions d’euros par an au contribuable européen ? Strasbourg parce qu’initialement cela se situait aussi près de la France et de l’Allemagne (les deux pays pour lesquels on a créé l’Europe institutionnelle), Bruxelles parce qu’il fallait faire plaisir à nos amis belges, membres de la première heure. Mais pourquoi Luxembourg ? Peut être parce que le plan d’épargne retraite que nos députés européens se sont concoctés en silence domicilie ses comptes au Luxembourg. Qui, paraît-il encore, serait un paradis fiscal bien pratique pour l’occasion.

Pour ces élections on trouve de tout. Des pro-européens fanatisés et des anti- européens exaltés. Ce qui me fait toujours sourire, c’est que les partis qui clament leur europophagie (généralement le FN de Le Pen, le MPF de De Villiers, le CPNT des chasseurs, pécheurs, naturalistes et autres traditionnalistes, le DEBOUT LA REPUBLIQUE de Dupont-Aignan, ou encore quelques groupuscules d’extrême gauche)  n’hésitent jamais à présenter tout de même des candidats aux élections européennes. C’est vrai que les 7.000 euros mensuels n’y sont sans doute pas étrangers.

Mais pour qui vais-je donc voter alors ?

En ile de France, à droite on trouve 7 listes comme les 7 apôtres. Mais vous verrez qu’à gauche aussi.Image1

Tout d’abord la droite classique, l’UMP, le parti présidentiel représenté par Michel BARNIER, actuel ministre de l’agriculture doté d’un  charisme proverbial, et qui souhaite par cette élection  récupérer son siège de commissaire européen, Rachida DATI, ministre de la justice acclamé par tout ce que la France compte de magistrats et d’avocats, doté d’un sens aigu de l’intérêt public et des toilettes Dior et enfin Jean- Marie CAVADA, ancien journaliste et ancien candidat à l’élection municipale de Paris au cours de laquelle il s’est pris une claque mémorable. Une liste de vainqueurs en somme.

Ensuite, nous trouvons le MODEM, nouveau parti qui ne sait pas encore ou se situer mais que je classerai plutôt à droite, puisqu’il est tout de même le fils de feu l’UDF. On y trouve Marielle de SARNEZ, autre candidat vaincu des municipales de Paris. Ensuite, on ne sait pas trop, il y a bien Nicolas DUPONT-AIGNAN pour qui l’Europe doit être utile, tout comme la liste du CNI (Centre national des indépendants et paysans) qui se veut la « droite rebelle » avec une candidate, Annick Du ROSCOÄT, à l’allure effectivement très rebelle. Et enfin, les grands classiques avec le FN qui en a marre des arnaques, De VILLIERS qui veut défendre les valeurs. Mais lesquelles au fait ? Et la petite nouvelle.

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La liste antisioniste. Celle que Claude GUEANT se vantait de vouloir interdire et qu’il n’a visiblement pas réussi à faire. Ce qui choque dans cette liste en premier lieu, c’est son affiche. Ce n’est pas une affiche électorale classique, ça ressemble plus à une affiche de film. Les têtes de liste sont une sorte de Rabbi Jacob de service, censé nous faire dire « Mais ils ne sont pas antisémites, ils sont seulement antisionistes », un Alain SORAL, soit disant écrivain, ancien du FN et chantre du « 11/09 qui n’a jamais eu lieu », DIEUDONNE qu’on ne présente plus et qu’on ne présentera plus et le chef de file du parti antisioniste, Yahia GOUASMI, également membre du centre Zahra qui est une association musulmane chiite du nord de la France qui diffuse une propagande "antisioniste" très virulente. De sacrés gais lurons.

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La gauche ? Elle est présente en nombre égal avec 7 listes. Tout d’abord, le PS que j’ai longtemps hésité à classer à gauche et sa tête de liste Harlem DESIR, ancien soixante huitard et vecteur de diffusion du racisme des années 80. Des écolos à lunettes avec une ancienne magistrate qui aurait du le rester et un vieux briscard COHN-BENDIT. Des écolos moins banckable avec Francis LALANNE chevelu à jambières et joueur de guitare pour footballeurs, Patrice DREVET, mister météo

et tout à la fois, membre de Génération écologie et du Nouveau Centre, une girouette en quelque sorte et pour finir Antoine WAECHTER, ancien copain de Brice LALONDE. Ensuite, nous avons la gauche de la gauche avec le Front de Gauche de Jean Luc MELENCHON, ancien secrétaire national PS et Marie-Georges BUFFET, du PCF, contrainte de faire alliance pour partager les dépenses de campagne.   Et enfin, les communistes sans parti, Lutte Ouvrière et le NPA.

Je n’ai pas lu les programmes de chacun, je n’en ai ni le temps ni l’envie. Ce que je comprends en gros, c’est qu’à droite on propose de taxer les pauvres et la classe moyenne et qu’à gauche on veut taxer les riches et la classe moyenne. Finalement, moi qui suit de la classe moyenne, je suis mal barré. Tout ce que je sais, c’est que quel que soient les vainqueurs à l’issu de cette élection, l’Europe continuera de nous emmerder avec sa règlementation sur le diamètre du saucisson d’Auvergne mais qu’elle poursuivra sa politique de l’autruche qui permet de délocaliser l’industrie européenne et française en Asie et ainsi paupériser le social qui fond comme peau de chagrin.

Finalement, moi qui suit de la classe moyenne, je suis mal barré. Tout ce que je sais, c’est que quel que soient les vainqueurs à l’issu de cette élection, l’Europe continuera de nous emmerder avec sa règlementation sur le diamètre du saucisson d’Auvergne mais qu’elle poursuivra sa politique de l’autruche qui permet de délocaliser l’industrie européenne et française en Asie et ainsi paupériser le social qui fond comme peau de chagrin.

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N’oublions pas qu’elle a également favorisé, avec des députés de gauche et de droite et des commissaires européens baignés de libéralisme, le développement infernal des grandes surfaces grâce à ses textes relatifs à l’urbanisme commercial. Dans ma petite commune de banlieue de 10.000 habitants, le bourg ressemble désormais à ça. Par contre, un peu plus loin, dans des zones commerciales emménagées pour ça, on trouve un Leclerc, un Ikéa, un centre commercial construit autour d’un Carrefour, un Décathlon, etc. De belles structures déshumanisées où le consommateur vient s’empiler avec sa voiture et son caddie pour faire ce qu’on lui a ordonné de faire : consommer.

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Finalement, je crois que je vais voter pour eux. Ils respectent la parité politique. Ils ont une femme et un mort comme têtes de liste. Ils font un spectacle formidable qui dure deux heures avec des animaux exotiques et des trapézistes et ils favorisent l’entreprise familiale. Quitte à voter pour des clowns autant voter pour l’original plutôt que pour des copies. La preuve, Jacques CHIRAC est le président des amis de Achille ZAPATTA.

Bon vote et n’oubliez pas, quand vous glisserez votre bulletin dans l’urne, gardez le sourire et regardez derrière vous.

Viva ZAVATTA

Huig de Groot


Commentaires sur Voila pour qui je vais voter le 7 juin

  • Chronique d’une mort annoncée ?

    Je ne peux m’empêcher d’avoir envie de réagir aux résultats des élections européennes d’hier, et à la nouvelle donne qui fait grand bruit aujourd’hui : la montée en puissance des verts qui devancent largement le modem, et surtout font maintenant jeu égal avec le PS.

    A la vue de ce résultat je ne peux m’empêcher de me demander s’il ne s’agit pas là de la fin annoncée d’une formation politique, le PS, qui se décompose peu à peu et se délie en lutte intestines, sans projet ni réel leader…

    Alors oui je sais, vous me direz qu’il ne s’agit là que des élections européennes et que l’abstention a battu tous les records. Il n’empêche que je remarque avec quelle lucidité les citoyens sont allés choisir leurs bulletins dans les urnes, en dépit des campagnes nationales, plus orientées sur des problèmes nationaux voir étouffés par des portes voix cachant mal leur ambitions présidentielles (suivez mon regard…).

    Et la montée des verts est après tout logique dans le contexte européen. Les citoyens ont bien compris que ce vote portait une dimension extra nationale et donc qu’il était nécessaire de voir plus grand, plus loin, que le seul destin d’un pays. L’Europe légifère et décide de notre avenir avec un temps d’avance sur les règlementations nationales, c’est structurel. Et cette élection, dont il ne faut pas oublier les très bons scores des libéraux, nous fait passer deux messages concernant les préoccupations de nos concitoyens : les européen cherchent des réponses à la crise économique (vote pour les libéraux) et des réponses à la crise écologique (montée des verts).

    Dans ce contexte, quelle place pour le PS ? Incapables de surmonter leurs luttes intestines pour proposer une réponse aux problèmes de leurs électeurs, ils assument de plus en plus mal leur statut de contradicteurs privilégiés de la droite. Les valeurs sociales dont ils se disent défenseurs sont aussi bien portées par les verts finalement, qui se posent en gardiens de la terre, et donc en garde fou s’opposant aux dérives du libéralisme.

    Car si jusqu’à maintenant les écologistes ne centraient leur projet que sur des propositions qui économiquement n’étaient pas viables et donc difficiles à embrasser par tout citoyen, les choses ont changées. Sous l’impulsion de porteurs de projets tels que Nicolas Hulot et son pacte écologique, les propositions vertes se sont faites de plus en plus raisonnées et raisonnables ces dernières années, et il est difficile aujourd’hui de ne pas les considérer sérieusement. Pour résumer l’écologie coûtait cher hier, et si aujourd’hui elle n’est toujours pas donnée, elle est néanmoins accessible à tous. D’autant que tous les signes montrent que nous n’avons plus le droit de nous en passer.

    Historiquement les mouvements de gauche se sont toujours construits sur une lutte. Si le siècle dernier a été celui du combat entre les extrêmes, notre époque, plus raisonnée et lucide (moins passionnée dirons certains), en partie grâce au développement des moyens de communication, sera celle d’un mouvement collectif sans précédant pour assurer la survie de l’espèce. La crise économique marque les limites d’un système ultra libéral sans frein. La gauche classique a perdu le lien avec les travailleurs, et tandis que les centristes s’engluent dans des non décisions, les verts semblent surnager, en pointant le doigt sur une réalité : notre planète n’est pas éternelle, et il est temps d’imaginer une autre manière de vivre ensemble.

    C’est peut être ce message que l’on attendait depuis longtemps…

    Posté par Carter Innox, lundi 8 juin 2009 à 10:20 | | Répondre
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